INSITU
Résidence de cinéaste à Montreuil,
Dispositif innovant dans un établissement scolaire

CONTEXTE DU PROJET :

Le cinéaste Samuel Aubin fut invité par le Conseil Général de Seine Saint Denis, en résidence au collège Jean Jaurès de Montreuil, en collaboration avec la Maison Populaire de Montreuil, durant l'année scolaire 2009-2010.

Alternant temps de tournage à l'étranger, temps de création in situ et temps de rencontres et d’ateliers avec les élèves du collège Jean Jaurès, Samuel Aubin s’est inscrit dans la vie de ce dernier de septembre 2009 à avril 2010 tout en travaillant sur la réalisation de «C'est par là...», objet artistique mêlant documentaire et fiction, Internet et cinéma. Une occasion pour les collégiens de la classe de sixième Arts plastiques et de la classe Relais de s’inscrire quant à eux dans un processus de création par le tournage, le montage et la restitution d’objets cinématographiques dans l’espace et sur le web (http://insitu.maisonpop.org).

Ce projet s’inscrit dans le cadre des résidences de création artistique Insitu impulsées et financées par le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis (http://www.seine-saint-denis.fr/In-situ.html).

 

LE DISPOSITIF DU CONSEIL GENERAL de Seine Saint Denis INSITU

Un réalisateur, Samuel Aubin, sollicité par le Conseil général est invité en résidence dans un des collèges du département pour une durée minimale d’un semestre, en lien avec une structure culturelle. Samuel Aubin est accueilli pour mener un travail artistique personnel qui prend son sens dans le contexte de sa réalisation, ou pour poursuivre un travail en cours. Cette résidence fait l’objet d’un cahier des charges liant le Conseil général, le collège, l’artiste et la structure culturelle associée, la Maison Populaire de Montreuil.

Ces résidences de création ont pour but d’expérimenter une rencontre entre des projets artistiques et éducatifs en milieu scolaire, dans une synthèse qui se veut exemplaire.

Artistiquement, il s’agit de développer des projets inédits, et de développer le travail en direction du public collégien en permettant le suivi, le contact et l’échange avec un artiste dans le cadre d’une démarche spécifique. La résidence d’artiste au sein du collège permet de rendre présente la création au plus près de la communauté scolaire.

Elle offre un espace d’ouverture, de réflexion et d’expression auquel les collégiens peuvent être associés individuellement ou collectivement, charge aux partenaires du projet d’imaginer des moments de rencontre, de découverte et d’échange.

Elle permet de disposer, tant pour l’artiste que pour les collégiens, d’un temps d’exception vécu au quotidien, en et hors temps/rythmes scolaires habituels, laissant une place possible aux relations directes avec l’artiste dans le cadre de son travail. Elle vise à faciliter l’échange, l’interaction et la rencontre entre la communauté scolaire et l’artiste, dont le projet s’inscrit en cohérence avec celui de l’établissement.

Néanmoins, si toute expérience de résidence implique le développement d’une dimension d’accueil et la construction réciproque d’un lien, cela doit se faire dans l’acceptation et le respect du risque expérimental qui constitue l’enjeu de toute création artistique. Ceci étant, il s’agit de créer les conditions du réinvestissement pédagogique de la situation au bénéfice des élèves, de leur développement et de leur apprentissage.

La résidence, qui est intégrée dans le volet culturel du projet d’établissement, doit être le point d’appui d’un projet transdisciplinaire mené par une partie de l’équipe enseignante. C’est néanmoins toute l’équipe qui doit être mobilisée sur les enjeux de la résidence : si une ou deux classes seulement sont concernées par un travail plus approfondi en lien avec l’artiste, pour autant la résidence doit induire des effets sur l’ensemble de l’établissement.

Au-delà du collège, le rayonnement sur le territoire doit être assuré par le relais que constitue la structure culturelle associée, et par les temps de visibilité proposés par l’artiste à l’ensemble de la communauté scolaire (c’est-à-dire incluant les parents d’élèves).

 

 

« C’est par là »
Au cœur de la résidence, un projet de film et de site Internet

Note d’intention de Samuel Aubin :
“Un homme récolte des histoires d’amour sur les routes qui vont de la France jusque Angkor pour les offrir à une femme...
Le film et le site internet « C’est par là... » tiennent dans cette phrase. De cet argument découle le processus de fabrication, de ce postulat l’objet se cherche et trouve sa forme. Un homme récolte des histoires d’amour avec sa petite caméra...
D'octobre 2009 à avril 2010 j'ai pris la route qui va de la France jusqu’à Angkor avec ma caméra-stylo. Dans les Balkans, en Turquie, en Iran, en Asie Centrale, en Chine, au Cambodge je demandais aux personnes rencontrées de me raconter une histoire d’amour. Je leur disais aussi que ces histoires d'amour, je voulais les offrir à quelqu'un après mon voyage. Presque à tous les coups ils me parlaient de leur histoire, de celle d’un autre, d’un film, d’une chanson, d’un poème. Et une constellation de l’amour s'est ainsi peu à peu dessinée.
Ce que filme ma caméra, ce n’est pas ce qu’elle voit, c’est ce que je ressens. C’est comme ça que je filme, c’est comme ça que je parle à cette femme d’Hiroshima : ma caméra filme mes sentiments. »

Documentaire, poésie visuelle, autofiction, ce film est une histoire qui raconte un périple intérieur, un questionnement sur l’avenir de l’humanité dans son rapport au désir, à l’autre, au don de soi, au don du rien.

 

 

Déroulement de la résidence de Samuel Aubin
au collège Jean Jaurès, à Montreuil

 

Clap départ pour la CHAAP

Pour sa première année, la classe CHAAP du collège Jean Jaurès travaillera avec le cinéaste Samuel Aubin. Au programme : lettres vidéos, visioconférences, montage, débats...
La classe de 6A est une classe à horaires aménagés en arts plastiques (CHAAP). Mise en place cette année au collège Jean Jaurès à titre expérimental, la CHAAP vise à approfondir les pratiques artistiques et à favoriser les rencontres avec les oeuvres et les artistes.

Samuel Aubin, cinéaste en résidence au collège Jean Jaurès, travaillera plus spécifiquement avec la 6A tout au long de l’année : Interventions dans la classe, visioconférences lors de ses déplacements, productions sous forme de lettres vidéos, ateliers de montages avec le matériau/images que l’artiste collecte à l’étranger... Le programme est vaste.

Mais il s’agira aussi d’échanges, de regards, de travail transdisciplinaire entre arts plastiques, français, histoire-géographie et technologie. Enfin et surtout, l’artiste apportera tout son monde dans la classe et permettra peut-être de dessiner une géographie sensible de l’acte de création.

 

Salle 132
Le réalisateur investit une salle dédiée à sa résidence au cœur du Collège. La salle 132 est recouverte de photographies et sera le lieu de rencontres et de travail de Samuel et du groupe d’enfants.

Tout au long de l’année, une multitude de modules et exercices sont prétextes à animer le groupe de jeunes, les aider à construire une analyse et une argumentation autour de l’image.

Inventer des TEMPS DE PARTAGE ET DE TRANSMISSION :

Suivre et découvrir le travail de Samuel Aubin.
Les élèves suivent toute l’année le travail en cours du réalisateur : écriture, tournage, montage, etc. Le réalisateur leur en a d’abord présenté les motivations en début d’année puis au jour le jour, via les différents médias (blog, vidéo lettres, vidéo conférence), les enfants rencontrent le travail de création d’un artiste en tournage à l’étranger.

Voyages dans les rushes, un exemple d’échanges au cours de la résidence.
Extrait du blog : http://insitu.maisonpop.org/spip.php?auteur1
 « Ce mardi 12 janvier, Samuel Aubin a proposé aux demi-pensionnaires du collège de poser un regard commun sur quelques « histoires » collectées depuis le mois d’octobre ; un voyage dans les rushes venus d’Italie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Turquie, Kazakhstan... Il fait froid. Quelques boules de neige - ou de glace - volent à travers la cour du collège. Peu à peu une musique se fait entendre, un accordéon. Quelques élèves, intrigués, vont à la rencontre de Samuel. Peu à peu l’espace atelier se remplit.
Nous voyageons ainsi ensemble pendant une heure, découvrant des ambiances, des histoires, des cultures... Tout en suivant cette « carte du tendre » que tracent les remarques des uns et des autres et déterminent le visionnage des séquences, notre regard s’attise. »
Ce mardi 19 janvier, la glace a fondu. La cour fait entendre des « Bonjour Samuel », alors qu’un nouveau voyage dans les rushes se projette. Principalement issus de rencontres effectuées dans l’enceinte du collège, les voix des uns et des autres intriguent. Des têtes curieuses se collent tout d’abord aux fenêtres avant de rejoindre la salle 132.
Une déambulation dans les regards face à la caméra, les questionnements quant à la présence d’un artiste, ici, au collège, le sens de cette récolte d’histoires d’amour. Une autre « carte » qui nous conduit vers la subjectivité du regard. »

Débusquer le réel : Réalisation de documentaires.
http://insitu.maisonpop.org/spip.php?auteur1
Quelques jours avec un petit groupe pour réaliser ensemble un documentaire qui se pose des questions artistiques, qui cherche à débusquer le réel de manière inhabituelle, personnelle. Un atelier pour rêver avec du réel.
Les classes relais sont un dispositif d’accueil des élèves en risque de marginalisation scolaire et sociale. Elles visent à apporter une réponse aux difficultés que rencontrent des collégiens en rupture avec l’institution scolaire.

Réalisation d’un court-métrage avec une classe de langue
Dans le cadre d'un cours d'Italien, les élèves ont réalisé avec Samuel Aubin un court-métrage de fiction dans la langue qu'ils apprennent. La rencontre entre une pédagogie de projet appliquée à l'enseignement d'une langue et l'éducation à l'image, la pédagogie des regards.

LETTRES VIDÉO
Des élèves de 6e réalisent des lettres vidéo avec des téléphones portables.
Toutes ces petites formes cinématographiques sont postées sur le blog du projet.

DIPTYQUE VIDEO
Cet objet cinématographique a été réalisé en deux temps répartis en 7 heures, à l’occasion d’un atelier avec Samuel Aubin.
« Dans un premier temps, nous avons réalisé notre propre montage à partir des rushes collectés par Samuel. Puis, dans un deuxième temps, nous avons cherché à exprimer graphiquement notre regard sur ce film pour enfin générer le diptyque que vous allez visionner. »

LETTRES VIDÉO DE SAMUEL AUBIN
ET VISIOCONFÉRENCES PENDANT LE TOURNAGE

Quand Samuel Aubin n'était pas présent dans le collège, il arrivait qu'il envoie une lettre vidéo aux élèves ou qu'une visioconférence soit mise en place pour un temps d'échange entre les élèves et l'artiste en tournage.

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